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rugby à la Redorte
Située
en pays Minervois, la commune de La Redorte fait partie du
canton de Peyriac-Minervois et couvre 1349 hectares. Elle
se singularise par les nombreux cours d'eau qui la traversent
: au Nord la rivière de l'Argent-Double, au Sud
le ruisseau de Rivassel, à l'Est le Canal du Midi et
le fleuve Aude. De nos jours, cette localité de plaine
tire l'essentiel de ses ressources de la viticulture et de
l'accueil touristique.
Étymologiquement, il semblerait que La Redorte
tienne son nom de l'occitan " Redorta ", c'est-à-dire
liens d'osier et, par extension : clôture, haie
Il faut noter que les armoiries de la famille « de
Nigri », anciens seigneurs du village, portent sur
leur blason " Trois redortes d'or ", à
savoir trois chaînes torsadées. Ces armes sont
devenues celles de la communauté de La Redorte.
La première mention textuelle de La Redorte
remonte à l'an 1080, date à laquelle est évoqué
" Redorta " lors d'une assemblée se tenant
à Narbonne et à laquelle assistent Bernard Tetmar
de Redorta et son frère. La famille Redorta incarne
les seigneurs du lieu, de la fin du XIe au début
du XIIIe siècle.
En 1216, apparaît dans la localité la Maison
" Nigri de Redorta ". En effet, Simon de
Montfort donna en fief une partie de La Redorte au
dit
" Nigro ". Ce dernier rend hommage-lige à
Amaury de Montfort, en 1217.
Parallèlement
aux " Nigri ", dénommés aussi
" Lenoir ", d'autres coseigneurs rendent
hommage aux vicomtes de Narbonne pour des fiefs sur La
Redorte. Ils sont redevables de blé, de foin, de
vin au Roi qui possède des droits sur le village. Ils
sont tenus de porter les dites denrées à Carcassonne
et sont également corvéables d'une journée
de dépiquage du blé.
En 1275, est évoquée la " leude "
de La Redorte, lieu de péage toujours porté
sur les documents cartographiques.
A partir de la fin du XIIIe siècle, la famille
Nigri, ne détient que la moitié de la seigneurie
de La Redorte, en paréage avec le roi.
Entre le XVe et le XVIe siècle,
le nombre de coseigneurs s'accroît considérablement,
il est fait notamment mention des Clarmont Auxillons, plus
tard des Montbrun, Lévis, en sus des Nigri.
En 1561, le Parlement de Toulouse reconnaît à
Pierre Lenoir la possession de la moitié de la seigneurie
de La Redorte. Un acte de 1564, fait état des
tasques et autres droits que les habitants du village son
tenus de payer au Roi et aux coseigneurs. En 1565, Estienne
Faure, sieur de La Redorte, est choisi en tant qui
Capitaine pour assister à l'entrée de Charles
IX dans Narbonne.
Au XVII e siècle, un arrêt de la
Chambre des Requêtes maintient à Ia tête
du village une certaine Dame Esperonnat, qualifiée
de co-seigneuresse.
Au cours de ce même siècle, il est fait état
de biens situés sur " Li Redorta "
appartenant à l'abbaye de Lagrasse. Un dénombrement
de 1770 n'évoque plus aucune possession de cet établissement
sur Ie territoire de La Redorte.
A noter un lieu-dit " l'Hôpital ",
à l'Ouest du village, qui témoigne probablement
de la présence de l'Ordre de Malte, largement représenté
en Minervois, mais on ne dispose d'aucune information précise
sur la dénomination de ce site.
La famille Nigri est toujours présente au XVIIe
siècle en même temps que les Peyrat, dits seigneurs
de La Redorte. Ce même siècle sera marqué
par le creusement et l'aménagement du Canal du Midi
qui s'écoule dans la partie Est de la commune.
Au cours du siècle suivant, on retrouve les Nigri
et les Peyrat. En 1722, un certain Pierre Paul de Peyrat rend
hommage pour la terre de
La Redorte. En 1792, le citoyen Peyrat se plaint de voir
stationner devant son château tout le détachement
militaire destiné à assurer la libre circulation
sur le Canal du Midi. A la même date, il intente un
procès à la municipalité qui a fait démolir
les mansardes des quatre tours de son château qui "
rappelaient la féodalité ". Le citoyen
Peyrat est débouté.
Dans le cadre de la rédaction des Cahiers de doléances,
la communauté demande l'exemption de la dîme
sur les terres défrichées, pour 30 ans encore.
Ce XVIIIe siècle est également caractérisé
par des épisodes de grêle et d'inondations qui
ruinent les récoltes. En 1730, le diocèse accorde
aux consuls de La Redorte 400 livres afin de pallier
les dommages causés aux récoltes.
Au
début du XIXe siècle, le Général
Maurice Mathieu acquiert une partie de La Redorte d'un
héritier Peyrat. En 1817, une ordonnance royale l'autorise
à ajouter à son nom celui de La Redorte. Ses
descendants, militaires pour la plupart, héritèrent
du village.
La
fin du siècle dernier sera marquée par le passage
d'un cyclone en 1887 qui fera six morts et des dégâts
conséquents. (cliquer sur ce lien)
Enfin, les 12 et 13 Novembre 1999, le Département
de l'Aude a été victime d'une de ses plus graves
inondations : à La Redorte, la furie des
eaux a ravagé la moitié des infrastructures
communales, le port sur le Canal du Midi, près de 150
habitations et plus de 250 hectares de vignes.
 
Le village primitif de La Redorte s'est vraisemblablement
installé sur la partie haute de l'actuelle localité
où s'élevait jusqu'au siècle dernier
l'église paroissiale. L'habitat villageois s'est mis
en place en suivant les circonvolutions naturelles du lieu,
de façon sensiblement annulaire.
Le parcellaire rend compte de cet espace médiéval
primitif circonscrit par la rue " du Languedoc ",
la rue " de la Cité " et la rue "
du Pic de Nore.
Au delà de ce périmètre, des faubourgs
se sont constitués à partir de l'époque
moderne appelés " Bary d'Amont et Bary d'Aval"
sur le plan cadastral du XIXe siècle.
On peut noter que le " castrum " de La
Redorte (château) est mentionné dès
1188. Sans doute se trouvait-il sur la partie sommitale du
village, au Nord de l'actuel château.
D'autre part au XVIIIe siècle, un acte
de vente signale qu'une " maison d'habitation qui
jouxte l'église confronte d'Aquilon la muraille de
la ville ".
Située
dans l'Avenue de la République, une croix rend compte
de l'existence sur la commune, d'une association de secours
mutuel placée sous la protection de Saint-Roch et fondée
en 1854. La vocation de la dite association, où cotisaient
employés et employeurs, étant de subvenir aux
besoins de ceux qui étaient frappés par la maladie.
Une tradition subsiste : le dimanche qui suit le 16 Août
de petits pains anisés sont bénits pendant l'office
et distribués aux fidèles.
Grâce à l'essor de la viticulture au XIXe
siècle, le village s'est considérablement développé.
Cette période vit la construction de nombreuses maisons
de maître et maisons vigneronnes, l'érection
de l'actuelle Mairie-Ecole (1881), de l'église paroissiale,
etc
Du début du siècle on remarque
particulièrement les derniers témoins d'une
activité villageoise disparue : l'ancienne Pompe-Neuve,
une des dernières fontaines mises en service à
La Redorte, s'élève sur la place du même
nom. La bascule, aux abords de la cave coopérative,
s'abrite sous un petit édifice à deux pas. Elle
fut utilisée pour la pesée de produits agricoles
jusque vers 1970.
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